Corliande

Auto édition

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21 décembre 2014

Un long cheminement



     Baltos et Serylia continuent d’avancer. Où vont-ils au juste ? Eux-mêmes ne le savent pas vraiment. Atteindront-ils seulement un but, quel qu’il soit ? Ils l’ignorent bel et bien. Mais il se trouve que quelqu’un, un jour, les a tirés du néant. Alors ils ne veulent pas disparaître. Ils veulent vivre quelque part, et marcher vers l’horizon au risque de se perdre ou, pire, de ne jamais quitter ce paysage désertique et monotone où ils évoluent désormais. Les rencontres y sont rares et, malgré la chaleur qu’elles procurent, bien peu fructueuses. Mais peu importe ! Ils marchent encore, un peu fatigués parfois, souvent découragés, mais finalement toujours prêts à repartir on ne sait trop comment. Ils marchent donc vers cet ailleurs indéterminé, en tâchant seulement d’éviter les gouffres d’oubli qui, régulièrement, s’ouvrent sous leurs pas. Peut-être qu’un peu plus loin, un hameau, un village, une petite cité, un empire les attend. N’ayant pas la faculté de rêver, ils sont loin de nourrir une telle ambition. Ils veulent juste croire un peu en leur avenir. Qui sait ce qu’il leur réserve ? Espérons comme eux que leur marche incessante n’est pas totalement vaine. Mais sapristi ! Que le chemin est long…



La longue marche de Baltos et Serylia

14 novembre 2014

Rémi Fraisse et la "violence sacrificielle"


 

    Un matin comme un autre sur France Inter. Augustin Trapenard commence son émission par son petit édito quotidien. Aujourd’hui, il évoque le décès de Rémi Fraisse, et invoque René Girard, anthropologue, auteur de « La violence et le sacré ». Selon le journaliste, ce mort anonyme, cet innocent « sans grand engagement » (Pourquoi sans grand engagement ? Parce qu’il était pacifiste ?) n’aurait été qu’un témoin transformé en « martyr et en saint ». Passons sur l’emploi de ce langage religieux n’ayant d’autre but, conscient ou pas, que de réduire la révolte suscitée par ce drame à des lamentations de fidèles plus ou moins arriérés. En fait, il va beaucoup plus loin. S’appuyant sur les travaux du chercheur cité plus haut, il voit en ce jeune homme une victime sacrificielle, le bouc émissaire nécessaire à toute société, détournant sa violence vers un seul individu, lequel servira ainsi à ramener la paix autour de son cadavre. Dès lors, comme il le dit lui-même, « Est-ce bien important de savoir qui a lancé la grenade ? Ne vaut-il pas mieux assumer notre violence archétypale et sacrificielle ? » Il termine en ajoutant que « C’est bien plus dérangeant, mais au moins, qu’on aille de l’avant ! »
 
Zone humide du Testet
       Mais pour qui est-ce dérangeant ? Pour nous tous, bien sûr. Nous qui sommes si violents, sans le savoir et apparemment sans « l’assumer ». Ce n’est certainement pas dérangeant pour les autorités, lesquelles se voient tout à coup dédouanées par ces considérations « savantes » et se voulant au-dessus de la mêlée. Car il s’agit bien ici de violence d’État. L’oublier purement et simplement, la confondre avec celle, pulsionnelle, que tout individu porte en lui, est une supercherie. Lui attribuer un sens mythique est un moyen particulièrement insidieux, parce que se réclamant d’une pensée dite intelligente, de le décharger de toute responsabilité. Quant à « aller de l’avant » ! Belle avancée en effet que de nous ramener sans cesse à notre passé religieux, et à ce qu’il y a de plus primitif en nous pour nous éviter de réfléchir à ce que doit être toute organisation sociale, notamment pour ce qui touche à l’insurrection et à la répression qui y répond. 

      Mais son invité, l’écrivain Aurélien Bellanger, récemment couronné par le prix de Flore, n’a pas démérité. Interrogé sur cet évènement, en relation avec le sujet de son livre « L’aménagement du territoire », il nous a livré une analyse extraordinaire. Tout d’abord il s’est dit étonné que le drame ait eu lieu à cet endroit, et non à « Notre-Dame-des-Landes ». Car il ne s’agit, au Testet, que de petits travaux pour un barrage, « même pas pour fournir de l’électricité ! » (On sait la peur irrationnelle que celle-ci a pu provoquer et provoque encore probablement chez certains). Rien de tel ici, sinon « la prise en compte d’enjeux de défense d’espèces complètement inconnues, de batraciens... On n’est pas face à un énorme chantier terrifiant, avec plein de grues et des hectolitres de béton ! » Ce simple énoncé contient une telle méconnaissance de l’importance de la biodiversité, et un tel mépris pour ceux qui la protègent qu’il laisse pantois. Si l’on peut supposer que ces espèces ne sont pas totalement inconnues pour ceux qui les étudient, qu’elles le soient pour lui ne fait aucun doute. Passons, là aussi, sur son manque d’intérêt pour elles, comme pour ces batraciens qui ne valent sans doute pas que l’on s’y attarde. Mais parler d’un « chantier terrifiant avec plein de grues » en dit long quant au regard qu’il porte sur les zadistes, soupçonnés d’être de pauvres passéistes superstitieux, en proie à des frayeurs enfantines. « Ces nouveaux, euh… ces mouvements décroissants qui ont quelque chose un peu très premiers chrétiens dans le fanatisme et dans l’intransigeance morale, dans l’approche morale de refus de la technique, mais qui dit que la technique est mauvaise intrinsèquement. »… Tout est dit en effet. On pourrait bien sûr lui rétorquer qu’il y a toutes sortes de techniques et que les plus avancées d’entre elles ne sont pas forcément celles que l’on croit. Mais ne soyons pas trop sévère. Peut-être tente-t-il finalement de se rattraper en refusant de prendre réellement parti, parce qu’il est fasciné par ce progrès tant décrié et a « peur de sa propre bêtise ». Et laissons-lui donc la paternité de cette conclusion.

 

6 novembre 2014

Miel !

Nouvelle récolte pour Véronique Renko, de l'association Mookamiel, donc nouvelles étiquettes :

Miel de Véronique Renko

31 octobre 2014

Le livre de Baltos (16)


         Un nouveau texte pour le livre de Baltos, ou plus précisément, le premier chapitre d'un récit qui devrait en comporter quatre ou cinq, voire plus. Il s'agit d'une sorte de mini roman d'aventures dont l'action se passe au pays des serviteurs du temps. Pour préserver le suspense, je ne vous livrerai donc que cet unique extrait. L'histoire n'étant pas complètement finie, celui-ci pourrait être l'objet de petits changements dans l'avenir. En attendant, voici sa première mouture :

L'étau
(extrait)

pour le lire et/ou le télécharger


Nota bene : L'étau a changé de nom. Il est devenu "Les masques". Ce lien est donc caduc. Retrouvez le premier chapitre de ce mini roman sous son nouveau titre (N° 26).

4 octobre 2014

Green, un film admirable et terrible de Patrick Rouxel



       En cette journée mondiale des animaux, voir un film tel que « Green » de Patrick Rouxel, est bien plus explicite que tout ce que j’en pourrais écrire. Cette suite d’images au montage remarquable, sans aucun texte, en dit long sur le sort que l’humain dans son ensemble réserve à ceux dont il se croit propriétaire, comme il se croit propriétaire de tout ce qui l’entoure. En fait il dit tout : La destruction de la nature et la condamnation à mort des espèces qui s’y meuvent, l’avidité d’une poignée d’entre nous, et la complicité, active ou passive, réfléchie ou inconsciente, de l’écrasante majorité, le tout légèrement tempéré par le dévouement réel mais souvent désespéré de certains. Tout est dans le regard de Green, femelle orang-outang victime de la déforestation et qu’une équipe de sauveteurs tente vainement de maintenir en vie. Dans ses yeux voilés passent les images du bonheur perdu, de la jungle de Bornéo avant le saccage, puis celles de ce saccage, du commerce qui est fait du bois exotique et de l’huile de palme, de notre consumérisme égoïsme ou juste machinal et du désert qui s’ensuit. 
         Bien sûr, nul ne peut dire à quoi pense Green, allongée comme un enfant martyr sur son lit d’hôpital. L’association de toutes ces images entrecoupées et de celles qui nous la montrent agonisante provoque une émotion que d’aucuns qualifieraient sans doute d’anthropomorphique. Mais comment ne pas être ému aux larmes par ce regard qui semble tout voir et tout comprendre ? Comment ne pas se sentir accusé, responsable sinon coupable individuellement de l’aberrante détermination de notre espèce à dévaster dans l’irrespect et l’indifférence. Comment ne pas croire qu’elle sait ? De même, nous ne connaitrons pas la cause clinique de sa mort mais qu’importe, elle semble inévitable. Impossible d’imaginer qu’elle n’ait pas simplement refusé de lutter, tant l’inutilité d’une vie solitaire et privée de tout la rend triste à mourir, indifférente à ce qu’elle peut voir autour d’elle. 
       Le film s’ouvre sur son transport chaotique dans un sac de voyage après sa découverte, auquel succède la beauté d’un décor naturel ou volent de grands oiseaux. Les dernières images, après celles du sac poubelle emportant Green vers l’oubli, nous montrent un grand oiseau aux ailes étrangement statiques sur fond de chantiers et de constructions bordant un terrain vague… un cerf volant tenu par un jeune homme, comme une tentative dérisoire et tellement humaine de redonner vie, une vie artificielle ou au mieux artistique, à ce qu’il assassine.

 

21 septembre 2014

Iris ou l'irrésistible appel

Iris, personnage central de mon dessin animé imaginaire. Elle est représentée ici affublée d'ailes factices qui, malgré toutes ses espérances, ne l'aideront pas à voler.

Iris


12 septembre 2014

Le livre de Baltos (15)


          Le livre de Baltos continue son petit bonhomme de chemin. Bientôt vous sera présenté un récapitulatif. Le quinzième texte évoque la communauté des nains des régions du sud. Il pourrait paraître en résonance avec une réalité bien actuelle (ou une actualité bien réelle). Bonne lecture !

Le pouvoir des nains

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2 août 2014

Le livre de Baltos (14)

      Le livre de Baltos se poursuit avec un nouveau texte, lequel nous fait découvrir un personnage très important, à plus d'un titre, de l'histoire corliandaise.


L'héritage de Mélénisse

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17 juillet 2014

Le livre de Baltos (13)

     Voici un texte de facture traditionnelle, à la manière des contes d'autrefois. Baltos le recueille auprès de villageois rencontrés dans les régions du centre. Il fait suite au court texte intitulé "Le graveur de pierres" déjà publié ici.

Le sortilège de Mauhira

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9 juillet 2014

Esquisse : Les arcades

Esquisse préparatoire pour le décor du patio dans mon dessin animé imaginaire. Les ombres comme la perspective sont approximatives, mais donnent une idée du résultat final.


8 juin 2014

Le livre de Baltos (12)

      Retour au Deis Paesina avec ce texte court qui présente de nouveaux personnages. Je voulais faire une petite place à des êtres pour lesquels j'ai une grande tendresse, et qui furent l'une de mes plus grandes sources d'inspiration lorsque j'ai créé les corliandais.

Les funambules

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29 mai 2014

Le livre de Baltos (11)


      Ce texte, commencé avant même que prenne forme l’idée du Livre de Baltos, a été adapté pour y figurer. Cependant, bien que l’ayant situé parmi les « contes et récits des régions du nord », (un plan général du recueil devrait être visible bientôt) j’hésite encore à le considérer comme une partie de l’ensemble. Je le publie pour l’instant sous cet intitulé, en attendant de prendre une décision définitive. Pour l’anecdote, le point de départ de la première mouture m’a été inspiré par le monde merveilleux de l’illustratrice Charline, et plus particulièrement par l’un de ses dessins : Le chapeau Fée. Le déroulement de cette petite histoire exprime l’idée importante selon moi que la féerie, loin de n’être qu’une fuite par rapport au réel, peut être le décor et l’instrument de sa dénonciation.


Fildoric, le costumier des muses

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Nota bene : Ce texte, vraisemblablement, ne fera pas partie du recueil "le livre de Baltos". Il me paraît être un peu trop hors contexte. Remanié pour y figurer, un peu artificiellement je dois le dire, il le sera de nouveau pour redevenir indépendant. J'ignore encore s'il sera publié un jour.

17 mai 2014

Les premiers pas d'un personnage...

... en l'occurrence, Zéphyr, l'homme insecte de mon dessin animé imaginaire. Cette très courte vidéo est ancienne, et demande à être améliorée. Mais il s'agit là d'un travail si fastidieux que mes progrès dans ce domaine demeurent très lents. J'ai donc décidé de la publier, en attendant mieux.